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Un outil de pilotage au service du changement

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Le site de ce constructeur de poids lourd a mis au point un outil de pilotage qui permet de suivre, d'évaluer les moyens d'action mis en oeuvre et les résultats atteints dans le cadre de projets de changement. Objectif: optimiser le compromis productivité/conditions de travail dans les transformations futures de l'entreprise.

Effectif : 530 - Activité : Industrie automobile - Région : Pays de la Loire

Ce site de construction de poids lourds appartient à un groupe international qui inscrit le respect des personnes parmi les valeurs fondatrices de l'entreprise. Depuis plusieurs années, des actions conséquentes sont menées dans ce domaine : choix des outillages, conception de postes de travail, actions de formation et de conseil, temps important dégagé pour des groupes de travail sur la prévention des TMS (troubles musculosquelettiques)...

Demande de l'entreprise

L'entreprise a élargi sa définition des conditions de travail, notamment du fait des changements techniques et organisationnels, et des démarches d'amélioration continue mises en oeuvre. Ces mutations ont un impact direct sur le travail et ses conditions de réalisation. Outre les contraintes physiques, des questions liées à la charge, à l'intérêt porté au travail et à la dépendance organisationnelle sont mises à jour. L'entreprise souhaite enfin anticiper la gestion des âges avec une population vieillissante et des risques d'usure professionnelle prématurée.

Démarche

Anticiper : tel est le maître mot de la démarche engagée pour mieux prendre en compte le compromis productivité/conditions de travail dans les transformations futures de l'entreprise. Adopter une telle démarche suppose de se projeter sur le moyen/long terme, autrement dit d'embrasser une vision stratégique des projets de changements. Cela nécessite une approche globale du système de performance de l'entreprise et de ses différents leviers d'action (équipements, process, organisation, management).

De même, concilier productivité et conditions de travail implique d'associer les différentes logiques à l'œuvre : le point de vue de l'opérateur devient tout aussi légitime que celui du responsable de production, et l'engagement des partenaires sociaux tout aussi capital que la volonté de la direction. Réalisé en amont de l'intervention, le diagnostic permet d'identifier des points clés du travail d'assemblage comme la pénibilité physique de certaines opérations de montage, les difficultés à gérer ponctuellement sa charge de travail, les régulations offertes par les différentes modalités d'organisation du travail au niveau du groupe ou bien les modalités de reconnaissance des compétences "réelles" mises en oeuvre.

Chacun de ces thèmes est réinvesti par le groupe de travail composé de trois opérateurs, d'un technicien méthode, d'un responsable de groupe, du responsable sécurité et du responsable méthode. Objectif du groupe : illustrer et analyser de manière critique les choix techniques, organisationnels ou de management par rapport aux critères de performance (productivité, qualité, flexibilité, charge physique, stress...). Une véritable mise à plat des pratiques internes pour faire progressivement cheminer le groupe vers une représentation partagée du travail d'assemblage. Quatre points clés de compromis entre objectifs industriels et réalités du terrain sont identifiés et formalisés par le groupe puis validés en comité de pilotage.

Par exemple, pour l'objectif de standardisation, un bon opérateur est défini comme celui qui respecte la règle conçue comme la meilleure façon de procéder. En théorie car, en situation de travail, il faut aussi affronter des imprévus, l'expérience jouant alors un rôle essentiel. Le bon opérateur devient celui qui est aussi capable de s'écarter de la règle. Première question : comment reconnaît-on un bon opérateur entre respect des règles et prise d'initiatives ? Seconde question : doit-on figer le process (avec des équipements immobiles par exemple) ou donner plus de souplesse ?

Suite à cette réflexion paritaire, des fiches "repère" sont élaborées pour chaque moyen d'action (technique, organisation du travail, management...). Le but : aider les différents acteurs de l'entreprise à construire et choisir des solutions alternatives, en fonction des objectifs prioritaires, et cela à chaque étape d'un projet (définition des besoins, cahier des charges, mise en oeuvre, évaluation...). Une grille récapitulant les moyens d'action et les résultats escomptés permet d'identifier et d'analyser les liens entre ces deux données. Des indicateurs en couleur aident par ailleurs à évaluer, suivant le résultat ou l'effet constaté (bon, acceptable, critique ou rejetable), les moyens d'action existants ou futurs.

Bilan

La grille ne propose pas de solution unique, tant les situations peuvent varier selon les contraintes spécifiques d'un groupe, son histoire, l'équipe en place, les objectifs visés... Elle est avant tout un support méthodologique, qui nourrit la réflexion concertée pour construire des solutions efficaces.

Dès lors, le compromis ne peut intervenir que si tous les facteurs (économique, qualité, conditions de travail) ont bien été pris en compte, et si leur évaluation est le résultat d'une confrontation entre plusieurs acteurs. Comme dans tout projet, la finalisation de l'outil ne suffit pas à préjuger de son acceptation. Un travail d'accompagnement doit être poursuivi auprès des utilisateurs. Deux projets pilote permettront d'expérimenter le caractère opérationnel de cette grille, mais également de former et d'évaluer l'implication des équipes. La place de cet outil d'aide à la décision dans les processus de l'entreprise pourra alors être précisément définie.

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