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Nouvelles organisations : les temps changent

En quelques décennies, avec la montée en puissance des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), le travail s’est de plus en plus déporté hors de l’entreprise, rendant plus floue la frontière entre vie privée et vie professionnelle. Autant de changements qui définissent de nouvelles manières de travailler et de nouvelles articulations des temps.

Ce numéro de Travail & Changement est disponible en téléchargement sur le site de l'Anact

 
 

Le 6 janvier dernier, le Conseil national du numérique (CNNum) a présenté à la ministre du Travail, 20 recommandations pour ouvrir de nouvelles trajectoires au travail et à l'emploi à l'heure du numérique.

Parmi les nombreuses propositions, la Ministre s'est notamment arrêtée sur trois sujets :

- le compte personnel d'activité (CPA)

- les travailleurs des plateformes : Les plateformes numériques permettent le développement de nouvelles formes d'activité : celles-ci sont exercées sous le statut de travailleur indépendant, souvent d'auto-entrepreneur. Le cadre est défini par la plateforme, qui fixe souvent le contenu de la prestation et son prix. « Il est légitime de se demander si la plateforme n'a pas une forme de responsabilité sociale, qui doit l'amener à contribuer à la protection de ces travailleurs, par exemple en finançant leur formation », a par ailleurs expliqué la Ministre.

- la validation des acquis de l'expérience : « Moins de 30 000 certifications sont délivrées chaque année », a déploré la Ministre, mettant alors en avant deux pistes du rapport : assouplir la condition d'ancienneté et expérimenter d'autres modes de validation des acquis, « en utilisant les outils numériques pour valider certaines compétences à distance ».

Téléchargez le rapport « Travail, emploi, numérique : les nouvelles trajectoires »

 
Bruno Mettling, directeur général adjoint en charge des ressources humaines et de la communication interne d'Orange, a remis son rapport « Transformation numérique et vie au travail » à Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. Il dresse un état des lieux sur les effets du numérique dans la vie au travail et formule 36 préconisations.
 

Ce rapport intervient dans un contexte de prise de conscience des effets de la transformation numérique sur le monde du travail : « La révolution numérique implique un changement de paradigme dans le monde du travail. Loin de se résumer à l’usage d’outils numériques, elle marque l’arrivée, dans l’entreprise, de méthodes de conception, de production, de collaboration, qui sont aussi des méthodes de pensée, de travail, d’organisation » Bruno Mettling.

Mesure de la charge de travail

Dans un contexte d’intensification du travail à l’ère du numérique, comment bien mesurer la charge de travail ? Si la référence horaire est encore l’outil de mesure dans nombre de métiers, la transformation numérique remet en cause la pertinence de cet indicateur.

« De nombreux travaux de recherche ont été menés pour définir la charge de travail, à la fois sous l’angle de la charge physique mais aussi de la charge mentale ou psychologique : l’Anact est par exemple en pointe sur ce sujet, proposant aux entreprises de les accompagner. De nombreux outils, pour certains sectoriels, pour d’autres plus universels, ont ainsi été développés. Il est possible de s’appuyer sur leurs conclusions pour mener cette nécessaire réflexion. »

Infobésité et qualité du travail

Multiplication des objets numériques, échanges en flux contenu de mails, derrière l’efficacité procurée par le numérique se trouve également une « surcharge informationnelle et communicationnelle » ou « infobésité », pouvant parfois nuire à la qualité du travail et avoir des conséquences sur la santé des salariés. Afin de prévenir les risques psychosociaux et d’assurer une meilleure qualité de vie au travail, il est important, selon Bruno Mettling, de réguler l’usage de ces outils, notamment pour les cadres.

Sur la conciliation vie professionnelle et vie personnelle, le directeur général adjoint d’Orange parle d’« un droit à la déconnexion par un devoir de déconnexion ». Pour Bruno Mettling : « La bonne articulation entre ces deux sphères est un des facteurs clés de la réussite de la transformation numérique pour qu’elle permette également une amélioration de la qualité de vie au travail ».

Télétravail et management

Le rapport Mettling aborde également la question du télétravail, un mode de travail qui, après un démarrage timide en France, s’est rapidement développé au sein des PME dès 2006. Associé à une amélioration de la qualité de vie et de la productivité, le télétravail fait partie des thématiques de travail de l’Anact.

Le télétravail n’est pas sans conséquences sur le management comme le rappelle Myriam El Khomri, ministre du Travail, dans son discours de remise du rapport Mettling : « Le numérique rebat les cartes du lien hiérarchique traditionnel. Le collectif de travail n’est plus structuré par l’unité de lieu ; on travaille de plus en plus à distance ; la frontière de la relation salariale hiérarchique s’érode ».

Les mutations du monde du travail

La transition numérique est venue bouleverser le monde du travail comme la relation client. « Certains questionnements prospectifs sont apparus comme à la fois essentiels dans le cadre de la transition numérique de la société et du monde du travail, mais peu ou mal traités par les acteurs publics et privés pour l’heure ».

Bruno Mettling cite notamment dans son rapport certaines mutations clients comme :

  • le déport du travail vers le client qui « impacte aussi bien la relation client que le travail des salariés » (montage de meubles, passage en caisse…) ;
  • la valorisation des traces et données laissées par un client qui commande en ligne : « Il existe un débat quant à une potentielle reconnaissance de cette activité comme d’une forme de travail ».

« Ces questionnements appellent à la mise en place de moyens d’observation, notamment à travers le financement de travaux de recherche (ANR ou autres), mais sont aussi portés par des institutions comme l’Anact ou par les organisations syndicales, de manière à anticiper, accompagner ou orienter les évolutions à venir » Bruno Mettling.

Crédit photos : Twitter @MyriamElKhomri

Aller plus loin

 
 

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Ce guide s'adresse plus particulièrement aux acteurs de PME : dirigeants, chargés de projets, responsables systèmes d'information, responsables de ressources humaines. Il peut être utile aux représentants du personnel amenés à se prononcer sur des projets. Enfin, il intéressera les partenaires de PME : consultants, institutionnels, SSII et éditeurs.

Ce guide est disponible au téléchargement sur el site de l'Anact