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Souffrance au travail : connaître et prévenir les risques organisationnels

 
 

La souffrance au travail et plus particulièrement ses destins pathogènes est devenue une préoccupation incontournable. Elle s'est développée et transformée ces dernières décennies en corrélation avec les nouvelles formes d'organisation du travail. Elle s'invite dans le dialogue social et fait l'objet d'autant plus de revendication qu'elle laisse les acteurs sociaux souvent bien démunis.

Les instances paritaires d'UNIFAF1 et l'ARACT Pays de la Loire, s'interrogeant sur un état de souffrance au travail plus ou moins ressenti et étendu selon les secteurs d'activité de la Branche, touchant tous les professionnels, cadres et employés, ont sollicité le FACT par le biais de l'ANACT afin de mettre en place l'APR « Souffrance au Travail : Connaître et Prévenir les Risques Organisationnels ».

Cette action est retracée dans ce cahier thématique. Il recense :

  • Les données théoriques sans lesquelles il ne saurait y avoir de pratique efficace et sérieuse,
  • Une synthèse des actions conduites, des dispositifs imaginés et mis en place,
  • Une typologie des situations mises en évidences par type d'établissement.

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Burnout : un guide pour prévenir le syndrome d’épuisement professionnel

 
 

Découvrez le guide « Le syndrome d’épuisement professionnel ou burnout. Mieux comprendre pour mieux agir » réalisé par la Direction générale du travail (DGT), l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) et l’Anact, ainsi que des enseignants-chercheurs et experts de terrain.


« Risques psychosociaux (RPS) », « burnout », « épuisement professionnel », ces termes recouvrent aujourd’hui une diversité de situations qui, toutes, sont à analyser au regard du travail et de ses conditions d’exercice. Comme pour l’ensemble des risques psychosociaux, le syndrome d’épuisement professionnel provient d’une situation de travail dégradée, mettant en jeu l’individu et l’organisation au sein de laquelle il travaille. Il est donc important de bien circonscrire ce que recouvre le syndrome d’épuisement professionnel, plus communément appelé burnout, afin de permettre à toute structure, publique comme privée, d’agir en amont pour éviter son apparition.

Dans cet objectif et dans la continuité des travaux sur la prévention des RPS, la Direction générale du travail (DGT), l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) et l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), avec l’appui d’enseignants-chercheurs et d’experts de terrain (médecin du travail, docteur en psychologie du travail), publient un guide pour aider l’ensemble des acteurs de la prévention (employeur, encadrement, représentants du personnel, service de santé au travail, médecin traitant, médecin spécialiste, etc.) à agir en prévention sur le syndrome d’épuisement professionnel.

Le guide met notamment en évidence les facteurs liés au travail sur lesquels l’entreprise peut agir en répondant à trois questions :

  • Que recouvre le burnout ?
  • Quels sont les actions collectives et individuelles et qui peuvent être mises en œuvre pour prévenir ce syndrome ?
  • Quelles recommandations peuvent être données pour réagir, collectivement et individuellement face à un ou plusieurs cas de burnout ?

    Télécharger le guide

 
Bruno Mettling, directeur général adjoint en charge des ressources humaines et de la communication interne d'Orange, a remis son rapport « Transformation numérique et vie au travail » à Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. Il dresse un état des lieux sur les effets du numérique dans la vie au travail et formule 36 préconisations.
 

Ce rapport intervient dans un contexte de prise de conscience des effets de la transformation numérique sur le monde du travail : « La révolution numérique implique un changement de paradigme dans le monde du travail. Loin de se résumer à l’usage d’outils numériques, elle marque l’arrivée, dans l’entreprise, de méthodes de conception, de production, de collaboration, qui sont aussi des méthodes de pensée, de travail, d’organisation » Bruno Mettling.

Mesure de la charge de travail

Dans un contexte d’intensification du travail à l’ère du numérique, comment bien mesurer la charge de travail ? Si la référence horaire est encore l’outil de mesure dans nombre de métiers, la transformation numérique remet en cause la pertinence de cet indicateur.

« De nombreux travaux de recherche ont été menés pour définir la charge de travail, à la fois sous l’angle de la charge physique mais aussi de la charge mentale ou psychologique : l’Anact est par exemple en pointe sur ce sujet, proposant aux entreprises de les accompagner. De nombreux outils, pour certains sectoriels, pour d’autres plus universels, ont ainsi été développés. Il est possible de s’appuyer sur leurs conclusions pour mener cette nécessaire réflexion. »

Infobésité et qualité du travail

Multiplication des objets numériques, échanges en flux contenu de mails, derrière l’efficacité procurée par le numérique se trouve également une « surcharge informationnelle et communicationnelle » ou « infobésité », pouvant parfois nuire à la qualité du travail et avoir des conséquences sur la santé des salariés. Afin de prévenir les risques psychosociaux et d’assurer une meilleure qualité de vie au travail, il est important, selon Bruno Mettling, de réguler l’usage de ces outils, notamment pour les cadres.

Sur la conciliation vie professionnelle et vie personnelle, le directeur général adjoint d’Orange parle d’« un droit à la déconnexion par un devoir de déconnexion ». Pour Bruno Mettling : « La bonne articulation entre ces deux sphères est un des facteurs clés de la réussite de la transformation numérique pour qu’elle permette également une amélioration de la qualité de vie au travail ».

Télétravail et management

Le rapport Mettling aborde également la question du télétravail, un mode de travail qui, après un démarrage timide en France, s’est rapidement développé au sein des PME dès 2006. Associé à une amélioration de la qualité de vie et de la productivité, le télétravail fait partie des thématiques de travail de l’Anact.

Le télétravail n’est pas sans conséquences sur le management comme le rappelle Myriam El Khomri, ministre du Travail, dans son discours de remise du rapport Mettling : « Le numérique rebat les cartes du lien hiérarchique traditionnel. Le collectif de travail n’est plus structuré par l’unité de lieu ; on travaille de plus en plus à distance ; la frontière de la relation salariale hiérarchique s’érode ».

Les mutations du monde du travail

La transition numérique est venue bouleverser le monde du travail comme la relation client. « Certains questionnements prospectifs sont apparus comme à la fois essentiels dans le cadre de la transition numérique de la société et du monde du travail, mais peu ou mal traités par les acteurs publics et privés pour l’heure ».

Bruno Mettling cite notamment dans son rapport certaines mutations clients comme :

  • le déport du travail vers le client qui « impacte aussi bien la relation client que le travail des salariés » (montage de meubles, passage en caisse…) ;
  • la valorisation des traces et données laissées par un client qui commande en ligne : « Il existe un débat quant à une potentielle reconnaissance de cette activité comme d’une forme de travail ».

« Ces questionnements appellent à la mise en place de moyens d’observation, notamment à travers le financement de travaux de recherche (ANR ou autres), mais sont aussi portés par des institutions comme l’Anact ou par les organisations syndicales, de manière à anticiper, accompagner ou orienter les évolutions à venir » Bruno Mettling.

Crédit photos : Twitter @MyriamElKhomri

Aller plus loin

 

La transition numérique n’est pas réductible à son aspect technique. Elle bouleverse l’ensemble des dimensions du travail, depuis ses organisations jusqu’à ses finalités, en passant par les manières de le réaliser et par les conditions dans lesquelles il s’exerce. Elle ouvre des perspectives de transformation sociale des rapports au travail et des organisations de travail sur la base d’un renouvellement des usages, des capacités et des relations, dont les acteurs sociaux commencent à se saisir comme enjeux de régulation collective.